Témoignage famille recomposée : mes proches n'ont pas accepté que je devienne belle-mère si jeune
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“Ca va pas la tête, tu ne vas pas gâcher ta vie !” : mes proches n’ont pas accepté que je devienne belle-mère si jeune

[Témoignage de Soleil 1/2] Soleil est devenue belle-mère à 23 ans de deux très jeunes enfants, alors qu’elle était encore étudiante et vivait chez ses parents. Ni ses amis, ni sa famille n’ont compris ce choix… et elle s’est longtemps sentie seule dans ce rôle très challengeant. Mais aujourd’hui, tout va mieux ! 7 ans plus tard, après 5 ans de vie commune et des fiançailles, elle raconte comment les relations se sont apaisées.

J’ai rencontré mon compagnon alors que j’avais seulement 23 ans : j’étais étudiante et j’habitais encore chez mes parents. Je n’étais pas vraiment à la recherche d’une relation, je sortais d’une histoire difficile, mais la vie a fait que j’ai rencontré mon compagnon par un ami commun. Ce fut un peu comme un coup de foudre, la première fois que je ressentais quelque chose de fort depuis ma rupture

Sauf que j’ai tout de suite appris qu’il était papa séparé avec 2 enfants… et ça a coupé net mon élan ! J’ai décidé de passer à autre chose. Mais rien à faire, je pensais encore à lui. Alors on a commencé à se voir sans penser à plus. Et je me suis attachée sans m’en rendre compte. Même si je savais qu’il y avait la différence d’âge, la différence de situation de vie. Sans compter que j’avais peur que ce soit mal vu dans ma famille, de par ma culture. 

J’ai écouté ma raison, j’ai dit « stop » mais c’était trop tard : j’ai eu peur de regretter de ne pas avoir essayé. Nous n’avons pas parlé des enfants tout de suite, nous voulions apprendre à nous connaître. J’ai gardé le début de la relation un peu secret, nous sommes restés dans notre petit cocon, en dehors de la réalité, ça nous a fait du bien. Au bout d’un an, on a eu l’impression d’avoir franchi une étape, on s’est dit qu’il fallait que je rencontre ses enfants. Et moi, que j’en parle à mes proches.

Pour en savoir plus sur Soleil
Libraire de formation, Soleil a crée un site Soleil-recompose.com et un compte Instagram sur lequel elle partage toutes ses reco lectures sur la famille recomposée… Mais pas que, loin de là ! On y retrouve des chroniques, des articles de blogs, du partage d’expérience et des ressources précieuses pour les belles-mères. Foncez la retrouver !

Devenir belle-mère : quand l’entourage panique

Ca ne s’est pas bien passé. Tout mon entourage a paniqué, personne n’a compris. Notamment mes amies : j’étais étudiante, je sortais, aucune d’entre elles n’était maman… ça les a choquées ! Elles avaient peur pour moi en réalité, elles se sont dit que j’étais en train de faire une connerie. Mais moi, ça m’a agacée qu’on ne me prenne pas au sérieux. J’étais passée par là, leurs questions sur le fait de devenir belle-mère, je me les étais posées cent fois et j’étais sûre de moi. Bien sûr que je ne m’étais pas lancée dans cette histoire sur un coup de tête !

Même si je sais aujourd’hui qu’ils avaient tous peur pour moi, je sais aussi qu’ils ont eu de la peine à accepter. Et ça, ça a été la partie la plus dure pour moi : ça m’a rendue triste que personne ne me soutienne, ne cherche à me comprendre. J’ai eu l’impression de ne pas être prise au sérieux. Je me suis sentie extrêmement seule. J’ai beaucoup pleuré.

Et puis il y a eu l’annonce à mes parents. J’ai moi-même vécu une forme de famille recomposée car mes parents avaient déjà eu une vie avant de se rencontrer mais je n’avais jamais vécu avec mes grands demi-frères et sœurs. Le problème, c’est que leur propre expérience, très compliquée, leur avait laissé une vision négative de la famille recomposée. Je savais qu’en leur annonçant ça, je leur annonçais une mauvaise nouvelle.

Et ça s’est très mal passé. Ma maman, dont je suis très proche, a été très choquée. Ça a d’ailleurs été la première fois qu’on s’est disputé : « ça va pas la tête, tu ne vas pas gâcher ta vie ! »

Pour eux, ce n’était pas « LE chemin », tout se passait à l’envers. Je pense aussi qu’ils se disaient que je méritais mieux. Je comprenais leurs craintes bien sûr, mais pour la première fois, je choisissais ce que je voulais dans la vie, sans forcément aller dans leur sens. Ces débuts, ça a franchement été le plus dur. 

Etudiante et belle-mère : une double vie et un décalage épuisant

Heureusement, petit à petit, mes soeurs m’ont soutenue mais je ne disais pas tout. J’avais un peu l’impression de mener une double vie : je surjouais l’étudiante qui sort, rit, etc… Alors que j’étais de plus en plus prise par mon copain et ses enfants. Ça n’a pas forcément été compris et j’ai eu droit à des remarques comme : « tu ne sors plus, tu n’es plus présente, tu as changé ! ». C’est vrai que je me suis  toujours beaucoup investie auprès des autres et j’ai fait mon maximum pour être disponible pour tout le monde. Ce fut une grosse erreur pour moi car j’ai fini par ne plus penser à moi. J’ai failli craquer. Mais mon compagnon m’a toujours soutenue et mes beaux-enfants m’ont beaucoup aidée, aussi, à prendre mes marques. Reste qu’au début et dans les moments les plus durs, j’aurais tellement aimé avoir le soutien de mes proches, pouvoir me confier à eux. C’est un challenge tellement énorme dans la vie d’une femme, de devenir belle-mère. 

Le temps comme allié

Mais le temps a aidé et désormais, 7 ans plus tard, mon entourage a fini par accepter. Aujourd’hui, ça va même plutôt bien : mes parents ont rencontré mes beaux-enfants assez récemment, c’est encore nouveau. On s’est fiancés, ça a changé les choses, aussi ! En revanche, j’ai beaucoup de pression sur le fait de devenir mère : « fais un enfant à vous, il faut que tu aies une famille à toi » me dit-on souvent. J’essaie de leur dire que mon compagnon et mes beaux-enfants sont aujourd’hui MA famille. Que pour moi, ce ne sont pas seulement les liens de sang qui font la famille. Mais pour eux, mes beaux-enfants sont encore « les enfants de mon partenaire ». Bien sûr, j’aimerais que ça change, qu’ils comprennent.

Mais je sais maintenant qu’il ne faut pas forcément forcer les choses : elles se débloquent parfois automatiquement. La patience aide, mon histoire de famille recomposée en est la preuve.

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Journaliste depuis plus de 20 ans, ancienne rédactrice en chef de Psychologies.com, je m'intéresse depuis toujours aux questions familiales et la psycho au sens large. Je suis moi-même mère et belle-mère et partage ici les meilleurs conseils d'experts pour vivre le plus sereinement possible le quotidien de parent séparé, que vous viviez en famille monoparentale ou recomposée.